Évangile :
Chapitre :
Verset :

Matthieu 27, 31 - 34

31Après s'être moqués de lui, ils lui retirèrent le manteau, lui remirent ses vêtements et l'emmenèrent pour le crucifier. 32En sortant, ils rencontrèrent un homme de Cyrène, nommé Simon, qu'ils réquisitionnèrent pour porter sa croix. 33Puis, étant arrivés à un lieu dit Golgotha, c'est-à-dire lieu du Crâne, 34ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel; mais, l'ayant goûté, il ne voulut pas boire. 
  • La Glose
    Après avoir rapporté toutes les railleries et les insultes dont Jésus-Christ fut l'objet, l'Évangéliste en vient aux circonstances de son crucifiement: «Et après s'être ainsi moqués de lui, ils lui ôtèrent le manteau», etc.
  • Saint Augustin
    Tout ceci s'est passé vers la fin, lorsque Jésus-Christ était emmené pour être crucifié, c'est-à-dire après que Pilate l'eut livré aux Juifs.
  • Saint Jérôme
    Il faut remarquer que, lorsque Jésus est frappé de verges, et couvert de crachats, il n'a pas les vêtements qui lui appartiennent, mais ceux dont il s'est revêtu pour expier nos péchés; mais lorsqu'il est crucifié, et que cette scène de moqueries est passée, il reprend ses premiers vêtements et l'habillement qui lui est propre, et aussitôt les éléments se troublent et la créature rend témoignage au Créateur.
  • Origène
    Il est dit du manteau qu'ils l'en dépouillèrent, tandis qu'aucun des évangélistes ne dit rien de semblable de la couronne d'épines, pour nous apprendre qu'il ne nous reste plus rien de nos anciennes épines, depuis que Jésus-Christ les a prises pour les placer sur sa tête vénéra ble.
  • Saint Jean Chrysostome
    Or, le Seigneur ne voulut souffrir ni dans l'intérieur d'une habi tation, ni dans le temple juif, pour ne pas vous laisser croire qu'il n'était mort que pour ce peu ple; mais c'est en dehors de la ville et au delà des murs qu'il est crucifié, pour vous apprendre qu'il offre en sacrifice universel la victime de toute la terre, et qui doit purifier tout le genre humain. C'est ce que l'Évangéliste veut exprimer en ajoutant: «Comme ils sortaient de la ville, ils trouvèrent un homme de Cyrène, nommé Simon, qu'ils contraignirent de porter la croix de Jésus».
  • Saint Jérôme
    Il ne faut pas croire que le récit de saint Jean est ici contraire à celui de saint Mathieu, parce que saint Jean raconte que Jésus, sortant du prétoire, porta lui-même sa croix, tandis que, d'après saint Mathieu, ils rencontrèrent un homme de Cyrène, qu'ils contraignirent de porter la croix de Jésus; mais il faut entendre qu'en sortant du prétoire, Jésus porta lui-même sa croix, et qu'ayant ensuite rencontré Simon, les soldats le contraignirent de partager ce fardeau avec Jésus.
  • Origène
    Ou bien, c'est en sortant qu'ils contraignirent Si mon ( Jn 19,17 ), et c'est en approchant du lieu du crucifiement qu'ils chargèrent Jésus de la croix, pour qu'il la portât lui-même jusqu'au lieu de son supplice. Or, ce n'est point par hasard que Simon fut ainsi contraint; mais, par une disposition particulière de Dieu, il fut amené à ce point d'être trouvé digne de voir son nom écrit dans les saints Évangiles, et d'être associé au précieux fardeau de la croix de Jésus-Christ, Ce n'était pas seulement le Sauveur qui devait porter sa croix, nous devions aussi la porter nous-mêmes, en obéissant à cette salutaire contrainte, et cependant nous ne pouvions retirer, en la portant, un avantage égal à celui que Jésus nous procure en la portant lui-même.
  • Saint Jérôme
    Dans le sens mystique, nous voyons ici les nations se charger de la croix, et l'obéissance de l'étranger porter l'ignominie du Sauveur.
  • Saint Hilaire
    Le Juif était in digne de porter la croix, et il était réservé à la foi des nations de prendre la croix et de compatir aux souffrances du divin crucifié.
  • Saint Rémi
    Ce Simon n'était pas de Jérusalem, mais il était étranger et voyageur; il était de Cyrène, qui est une ville de Libye. Or, le nom de Simon veut dire obéissant, et celui de cyrénéen, héritier, et il est une belle figure du peuple des Gentils, qui était étranger aux alliances et aux testaments de Dieu, mais qui est devenu, par sa foi, le concitoyen des saints, et l'héritier de la maison de Dieu.
  • Saint Grégoire le Grand
    Ou bien, dans un autre sens, Simon, qui porte la croix du Seigneur, parce qu'il y est contraint, est la figure de ceux qui sont à la fois mortifiés et pleins d'orgueil; ils affligent leur chair par les privations extérieures, mais n'ont aucun souci du fruit intérieur de la mortification. C'est ainsi que Si mon porte la croix, mais sans mourir sur la croix, et il représente les chrétiens mortifiés et su perbes, qui châtient leur corps par les oeuvres de la mortification, mais qui vivent encore au monde par le dé sir de la vaine gloire.
  • Rabanus Maurus
    Golgo tha est un nom syriaque, qui signifie Calvaire.
  • Saint Jérôme
    J'ai entendu donner cette explication que le Calvaire était le lieu de la sépulture d'Adam, et que ce lieu avait reçu le nom de Cal vaire, parce que la tête du premier homme s'y trouvait ensevelie. C'est une interprétation qui peut obtenir de la vogue et flatte agréablement l'esprit du peuple, mais qui n'est pas fondée, car en dehors de la ville, et au delà des portes, se trouve le lieu où l'on tranche la tête aux condamnés, et c'est de là que lui est venue le nom de Calvaire, ou lieu des décapités. Or Jésus fut crucifié en ce lieu, pour ériger l'étendard du martyre dans l'endroit même où les condamnés souffraient le dernier supplice. Quant au premier homme, il fut enterré, comme nous le lisons dans le livre de Josué ( Jos 14,15 ), près d'Hébron et d'Arbé.
  • Saint Hilaire
    Le lieu du crucifiement fut choisi de manière que, placé au milieu de la terre, il se présentât également à tous les peuples de la terre, pour leur donner la connaissance de Dieu.
  • Saint Augustin
    Saint Marc dit: «Ils lui donnaient à boire du vin mêlé avec de la myrrhe». Saint Mathieu se sert du mot fiel, pour exprimer l'amertume de ce vin, car le vin mêlé à la myrrhe est fort amer. Il n'est pas impossible non plus que ce fut le fiel et la myrrhe réunis qui rendirent ce vin fort amer.
  • Saint Jérôme
    C'est la vigne amère qui produit le vin amer, dont ils abreuvent le Seigneur Jésus, pour accomplir cette prophétie: «ils ont mêlé le fiel à ma nourriture» ( Ps 69,22 ), et ces autres paroles de Dieu à Jérusalem: «Je vous ai plantée comme une vigne où je n'avais mis que de bon plants, et comment, vigne étrangère, vous êtes-vous changée en amertume ?» ( Jr 2,21 ): «Et, lorsqu'il en eût goûté, il ne voulut pas en boire». Saint Marc dit: «Il n'en prit point», c'est-à-dire: il n'en prit point pour le boire; il en goûta seulement, comme le rapporte saint Matthieu, et cette expression: «Il ne voulut pas le boire», est la même que celle de saint Marc: «Il n'en prit point»,excepté que cet Évangéliste passe sous silence que le Sauveur en a goûté. Après l'avoir goûté, il ne veut pas en boire, pour nous ap prendre qu'il a goûté pour nous l'amertume de la mort, mais qu'il est ressuscité le troisième jour.
  • Saint Hilaire
    Ou bien, il a refusé de boire ce vin mêlé de fiel, parce que l'amertume des péchés ne doit point se mêler à l'incorruptibilité de la gloire éternelle.

Ce site veut vous aider à mieux comprendre les Évangiles grâce aux précieux commentaires des Pères de l'Église. Ces commentaires proviennent d'aussi loin que le IIIe siècle, jusqu’à leur compilation par saint Thomas d’Aquin dans un ouvrage intitulé la Chaîne d’or (Catena aurea) au XIIIe siècle.

Les textes des Évangiles sont tirés de la Bible catholique Crampon
Les textes des commentaires sont une traduction par l’Abbé J-M Peronne, Louis Vivès éditeur, 9 rue Delambre, 1868

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