Évangile :
Chapitre :
Verset :

Matthieu 27, 11 - 14

11Jésus comparut devant le gouverneur, et le gouverneur l'interrogea, en disant : " Es-tu le roi des Juifs? " Jésus dit : " Tu le dis. " 12Mais il ne répondait rien aux accusations des grands prêtres et des anciens. 13Alors Pilate lui dit : " N'entends-tu pas combien de témoignages ils portent contre toi? " 14Mais il ne lui répondit sur aucun point, de sorte que le gouverneur était dans un grand étonnement. 
  • Saint Augustin
    Après avoir achevé de raconter ce qui concerne le traître Judas, saint Matthieu reprend la suite de son récit: «Or, Jésus comparut devant le gou verneur».
  • Origène
    Considérez combien celui que Dieu le Père a établi le juge de toute créature, s'est humilié en consentant à comparaître devant un homme qui était alors un simple juge de la terre de Judée, et à s'entendre adresser une question que Pilate lui fait pour se mo quer de lui, ou sans croire à la vérité qu'elle contient. «Et le gouverneur l'interrogea en ces termes: Êtes-vous le roi des Juifs ?»
  • Saint Jean Chrysostome
    Pilate interroge Jésus sur ce qui était le sujet continuel des récriminations de ses ennemis; car comme ils savaient que Pilate n'avait nul souci des questions purement légales, ils formulent contre lui une accusation en matière politique.
  • Saint Jean Chrysostome
    Jésus confesse qu'il est roi, mais roi du ciel, comme nous le lisons plus clai rement dans un autre évangile: «Mon royaume, dit-il, n'est pas de ce monde» ( Jn 18,36 ), afin que Pilate et les Juifs soient inexcusables d'insister sur ce chef d'accusation.
  • Saint Hilaire
    Ou bien, lorsque le grand-prêtre lui a demandé s'il était le Christ, il lui a répondu «Vous l'avez dit», parce qu'il avait dû apprendre de la loi, que le Christ demeurait éternellement ( Jn 12,34 Ps 109 Ps 116 Is 10,9 ), mais ici que cette même question: «Êtes-vous le roi des Juifs ?» lui est faite par un homme qui ne connaît pas la loi, il lui ré pond: «Vous le dites», parce que c'est par la foi de leur confession actuelle que les Gentils obtiennent le salut.
  • Saint Jérôme
    Remarquez que Jésus satisfait en partie à la question de Pilate qui le jugeait malgré lui, tandis qu'il garde un silence absolu devant les anciens et les princes des prêtres qu'il regarde comme indignes d e toute réponse: «Et comme les princes des prêtres et les anciens l'accusaient, il ne répondit rien».
  • Saint Augustin
    Saint Luc nous apprend quels sont les crimes dont ils l'accusèrent. «Et ils commencèrent à l'accuser en disant: «Nous avons trouvé cet homme qui pervertissait le peuple, qui empêchait de payer le tribut à César, et qui se disait le Christ roi. Il importe peu à la vérité des faits qu'ils soient rapportés dans un ordre plutôt que dans un autre, ou qu'un Évangéliste passe sous si lence ce que l'autre raconte.
  • Origène
    A ces nouvelles accusations, Jésus ne répond pas plus qu'il n'a fait à la première; car la parole de Dieu ne devait plus se faire entendre aux Juifs comme elle s'était autrefois ré vélée par le moyen des prophètes. D'ailleurs, Pilate lui-même n'était pas digne de réponse, lui qui n'avait point d'opinion constante et arrêtée sur la personne de Jésus-Christ, mais qui se laissait entraîner aux idées les plus opposées. «Alors Pilate lui dit: Vous n'entendez pas de combien de choses ils vous accusent».
  • Saint Jérôme
    Celui qui méprise ainsi Jésus-Christ est un païen, mais il en fait retomber la responsabilité sur le peuple juif.
  • Saint Jean Chrysostome
    Or, il parlait de la sorte, parce qu'il voulait le délivrer, en profitant d'une réponse qui l'aurait justifié. «Mais Jésus ne répondit à aucun de ces griefs, de sorte que le gouverneur en était dans l'étonnement».Malgré tant d'épreuves évidentes qu'ils avaient de sa puissance, de sa douceur et de son humilité, ils ne laissent pas de conspirer contre lui, et de l'accabler sous le poids de leurs injustes accusations. C'est pour cela qu'il ne leur répond rien, ou s'il leur répond quel quefois, c'est en peu de mots, et pour qu'on ne put qualifier d'opiniâtreté son silence absolu. Ou bien, Jésus ne voulut rien répondre, dans la crainte qu'en se justifiant, il ne fût mis hors de cause par le gouverneur, et que les biens immenses que la croix devait produire, ne fussent ainsi différés.
  • Origène
    Or, le gouverneur s'étonne de la constance de Jésus, lui qui savait, peut-être, qu'il avait le pouvoir de le condamner à mort, et qui le voyait tranquille, calme dans la sagesse, et d'une dignité que rien ne pouvait troubler. Voilà ce qui l'étonne grandement, car il regardait comme un prodige surprenant que Jésus, sous le coup d'une sentence capitale, fût sans crainte et sans trouble devant la mort, qui inspire à tous les hommes une si grande terreur.

Ce site veut vous aider à mieux comprendre les Évangiles grâce aux précieux commentaires des Pères de l'Église. Ces commentaires proviennent d'aussi loin que le IIIe siècle, jusqu’à leur compilation par saint Thomas d’Aquin dans un ouvrage intitulé la Chaîne d’or (Catena aurea) au XIIIe siècle.

Les textes des Évangiles sont tirés de la Bible catholique Crampon
Les textes des commentaires sont une traduction par l’Abbé J-M Peronne, Louis Vivès éditeur, 9 rue Delambre, 1868

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