Évangile :
Chapitre :
Verset :

Matthieu 20, 24 - 28

24Ayant entendu cela, les dix autres s'indignèrent contre les deux frères. 25Mais Jésus les appela et dit : " Vous savez que les chefs des nations leur commandent en maîtres, et que les grands exercent leur empire sur elles. 26Il n'en sera pas ainsi parmi vous; au contraire, celui qui voudra devenir grand, parmi vous, se fera votre serviteur; 27et celui qui voudra, parmi vous, être premier, se fera votre esclave. 28C'est ainsi que le Fils de l'homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup. " 
  • Saint Jean Chrysostome
    Tant que Jésus-Christ n'a fait qu'exprimer sa volonté à l'égard des deux disciples, les autres Apôtres n'éprouvèrent aucun sentiment de peine; ils ne s'indignent que lorsqu'il les reprend: «Et les dix autres ayant entendu», etc.
  • Saint Hilaire
    Ce n'est pas sur la mère qu'ils font retomber la témérité d'une pareille demande, mais sur les enfants qui, parais sant ignorer ce qu'ils étaient, se sont laissé dominer par une ambition aussi démesurée.
  • Saint Jean Chrysostome
    Ils comprirent que cette demande venait des deux frères, quand le Sau veur leur adressa ce reproche. Jusque-là, lorsqu'ils avaient vu les marques particulières d'honneur qu'il leur donnait, comme dans sa transfiguration, quelle que fût la peine qu'ils en ressentaient intérieurement, ils n'osaient pas la faire paraître au dehors, par respect pour leur divin Maître.
  • Saint Jean Chrysostome
    La demande des deux disciples avait été toute char nelle, la tristesse des dix autres fut de même nature, car s'il est blâmable de vouloir s'élever au-dessus des autres, il est on ne peut plus glorieux d'accepter que d'autres soient élevés au-dessus de nous.
  • Saint Jérôme
    Toutefois le divin Maître ne reproche ni leur ambition aux deux disciples, ni leur indignation jalouse aux dix autres: «Mais Jésus les appela à lui», etc.
  • Saint Jean Chrysostome
    Comme il les voit dans le trouble, il les appelle à lui pour les consoler en leur adressant la pa role de plus près, car les deux frères s'étaient séparés de la société des dix Apôtres pour se rapprocher du Seigneur et lui parler en particulier. Or, il apaise les sentiments de leur âme, non plus comme précédemment, en plaçant un petit enfant au milieu d'eux, mais par un exemple tout opposé: «Vous savez, leur dit-il, que les princes des nations dominent sur elles».
  • Origène
    C'est-à-dire: Vous savez que, non contents de gouverner leurs sujets, ils aspirent à une domination tyrannique; mais pour vous, qui êtes mes disciples, il n'en sera pas de la sorte, car, si les choses matérielles sont soumises à la nécessité, les choses spirituelles dépendent de la volonté. Ceux donc qui sont revêtus d'une puissance toute spirituelle doivent faire reposer toute leur autorité sur l'affection de ceux qui leur sont soumis, plutôt que sur la crainte des châtiments extérieurs.
  • Saint Jean Chrysostome
    Il leur montre en même temps que c'est le pro pre des nations idolâtres d'ambitionner la primauté, et par cette comparaison il apaise l'agitation de leur âme.
  • Saint Jean Chrysostome
    C'est une chose louable de désirer le tra vail du ministère, car le travail dépend en partie de notre volonté, aussi bien que la récompense qui la suit; mais c'est une vanité que d'ambitionner l'honneur des premières dignités, parce qu'elles dépendent de la volonté de Dieu. Aussi, quand bien même nous obtiendrions cet hon neur, nous ne savons pas si nous méritons la couronne de justice. En effet, l'Apôtre ne sera pas trouvé digne d'éloges aux yeux de Dieu pour avoir été apôtre, mais pour avoir bien rempli les devoirs de l'apostolat; de même ce n'est pas aux mérites qui ont précédé sa vocation que l'Apôtre doit l'honneur de l'apostolat; mais il a été jugé digne de ce ministère, d'après les dis positions de son âme. Disons encore que les premières dignités vont au devant de ceux qui les fuient, et fuient ceux qui les recherchent. Ce qu'il faut désirer, ce n'est donc point un rang plus élevé, mais une vie plus vertueuse. C'est donc pour éteindre l'ambition des deux frères et l'indignation des autres Apôtres, que le Sauveur établit cette différence entre les princes du monde et les chefs de l'Église, et il montre ainsi que le pouvoir ecclésiastique ne doit être ni recherché par celui qui ne l'exerce pas, ni envié à celui qui en est revêtu. Les princes du monde semblent n'être établis que pour faire peser leur domination sur leurs inférieurs, les réduire en servitude, les dépouiller et les exploiter jusqu'à la mort au profit de leur propre gloire et de leur utilité personnelle. Les princes de l'Église, au contraire, ne sont placés à sa tête que pour servir leurs i nférieurs, leur distribuer tout ce qu'ils ont reçu de Jésus-Christ, pour veiller aux intérêts des fidèles au détriment de leurs intérêts personnels, et ne point reculer devant la mort même pour les sauver. Il n'est donc ni juste, ni utile de désirer la puissance et les honneurs dans l'Église, car quel est l'homme tant soit peu sage qui voudrait se soumettre de lui-même à une si grande servitude et au danger effrayant de rendre compte pour toute l'Église, à moins qu'il n'ait perdu toute crainte des jugements de Dieu, et qu'il ne veuille faire un abus indigne de la puissance ecclésiastique en la transformant en un pouvoir tout séculier ?
  • Saint Jérôme
    Jésus termine en se proposant comme exemple pour faire rougir par ses actions ceux que ses paroles laisseraient insensibles: «Comme le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi».
  • Origène
    Les anges et Marthe l'ont servi, il est vrai; il n'est cependant pas venu pour être servi, mais pour servir, et il poussa si loin cette servitude à l'égard des autres, qu'il ac complit les paroles suivantes: «Et pour donner sa vie en mourant pour la rédemption de plusieurs», qui ont cru en lui. Mais comme il a été le seul qui fût libre entre les morts ( Ps 88,6 ), et plus fort que toute la puissance de la mort, il a par là même affranchi de la mort tous ceux qui ont voulu le suivre. Les princes de l'Église doivent donc imiter Jésus-Christ qui se rendait accessible, ne dédaignait pas de parler aux femmes, d'imposer les mains sur les petits enfants, et de laver les pieds à ses disciples pour les engager à en faire autant à leurs frères. Mais, malgré cet exemple, nous offrons dans notre conduite le spectacle d'un orgueil qui va au delà de l'orgueil des princes du monde; car, soit que nous ne voulions pas comprendre, soit que nous méprisions le précepte de Jésus-Christ, nous voulons, comme les rois de la terre, nous faire précéder par des gardes, nous cherchons à nous rendre redoutables et de difficile accès, surtout à l'égard des pauvres; nous n'avons pour les autres et nous ne voulons pour nous-mêmes aucune marque d'affabilité.
  • Saint Jean Chrysostome
    Donc, à quelque degré que vous puissiez vous humilier, jamais vous ne descendrez aussi bas que votre Sauveur et votre Dieu.

Ce site veut vous aider à mieux comprendre les Évangiles grâce aux précieux commentaires des Pères de l'Église. Ces commentaires proviennent d'aussi loin que le IIIe siècle, jusqu’à leur compilation par saint Thomas d’Aquin dans un ouvrage intitulé la Chaîne d’or (Catena aurea) au XIIIe siècle.

Les textes des Évangiles sont tirés de la Bible catholique Crampon
Les textes des commentaires sont une traduction par l’Abbé J-M Peronne, Louis Vivès éditeur, 9 rue Delambre, 1868

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