Évangile :
Chapitre :
Verset :

Matthieu 26, 55 - 58

55En ce même moment Jésus dit aux foules : " Comme contre un brigand, vous êtes sortis avec des glaives et des bâtons pour me prendre ! Chaque jour j'étais assis dans le temple, où j'enseignais, et vous ne m'avez pas arrêté. 56Mais tout cela est arrivé afin que fussent accomplies les Ecritures prophétiques. " Alors tous les disciples l'abandonnèrent et prirent la fuite. 57Ceux qui avaient arrêté Jésus l'emmenèrent chez Caïphe, le grand prêtre, où se réunirent les scribes et les anciens. 58Or Pierre le suivait de loin jusqu'au palais du grand prêtre; y étant entré, il était assis avec les satellites pour voir la fin. 
  • Origène
    Après avoir dit à Pierre: «Remettez votre épée», et nous avoir ainsi montré toute sa patience; après avoir donné une preuve de sa souveraine bonté et de sa puissance toute divine en guérissant l'oreille que Pierre avait coupée, comme le rapporte un autre Évangéliste ( Lc 22,51 ) l'auteur sacré continue son récit «En même temps Jésus dit à cette troupe», etc. Si elle avait perdu le souvenir de ses anciens bienfaits, Jésus voulait lui faire au moins reconnaître ceux dont elle venait d'être témoin «Vous êtes venus ici armés d'épées et de bâtons pour me prendre comme si j'étais un voleur».
  • Saint Rémi
    C'est-à-dire, c'est le propre des voleurs de cher cher à nuire et de se cacher; mais pour moi, je n'ai cherché à nuire à personne, au contraire, j'ai guéri un grand nombre de malades, et j'ai toujours enseigné dans les synagogues: «J'étais tous les jours assis parmi vous, enseignant dans le temple, et vous ne m'avez pas pris».
  • Saint Jérôme
    Il semble leur dire: C'est une absurdité de venir prendre avec des bâtons et des épées un homme qui se livre lui-même entre vos mains, e t de chercher de nuit, sous la conduite d'un traître, celui qui enseignait tous les jours dans le temple, comme s'il voulait se dérober à vos recherches.
  • Saint Jean Chrysostome
    Or, ils ne s'étaient point emparé de lui dans le temple, parce qu'ils n'avaient pas osé le faire, dans la crainte de la foule, et c'est pour leur offrir le lieu et l'occasion favorable pour se saisir de lui, que le Sauveur sortit hors de la ville. Il nous apprend ainsi que s'il ne l'avait permis par un acte libre de sa volonté, ils n'auraient jamais pu s'emparer de sa personne. L'Évangéliste explique ensuite la raison pour laquelle le Seigneur a consenti à être pris en ajoutant: «Tout cela s'est fait afin que s'accomplissent les oracles des prophè tes».
  • Saint Jérôme
    «Ils ont percé mes mains et mes pieds». ( Ps 22,17 ) Et ailleurs: «Il a été conduit à la mort comme une brebis ( Is 53,7 ); et plus loin: «Il a été conduit à la mort à cause des iniquités de mon peuple».
  • Saint Rémi
    Comme tous les prophètes ont prédit la mort du Christ, le Sauveur ne cite pas un témoignage particulier, mais il dit d'une manière gé nérale que les oracles des prophètes doivent être accomplis.
  • Saint Jean Chrysostome
    Les dis ciples qui étaient restés au moment où l'on s'était saisi du Seigneur, s'enfuirent lorsqu'ils eu rent entendu ces paroles: «Alors tous les disciples l'abandonnèrent et s'enfuirent». Car ils savaient bien qu'il n'était plus possible de le délivrer, puisqu'il se livrait volontairement entre les mains de ses ennemis.
  • Saint Rémi
    Cette conduite prouve, toutefois, la fragilité des Apôtres. Ils avaient promis dans l'ardeur de leur foi de mourir avec leur divin Maître, et ils furent maintenant pleins d'effroi, sans se souvenir de leur promesse. C'est ce que nous voyons encore se renouveler dans ceux qui promettent d'exécuter de grandes choses pour l'amour de Dieu, et qui n'en accomplissent aucune, cependant ils ne doivent pas désespérer, mais se relever avec les Apôtres et se renouveler par le repentir.
  • Rabanus Maurus
    Dans le sens mystique, de même que Pierre qui a lavé la tache de son renoncement dans les larmes du repentir, figure le retour de ceux qui succombent dans l'épreuve du martyre, ainsi les autres disciples qui s'enfuient, enseignent à ceux qui ne se sentent pas assez forts pour affronter les supplices, de chercher pru demment leur salut dans la fuite.
  • Saint Augustin
    Cependant il fut conduit en premier lieu chez Anne, beau-père de Caïphe, comme le raconte saint Jean. Il fut amené lié, car il y avait dans cette foule un tribun à la tête d'une cohorte, au témoignage du même Évangéliste.
  • Saint Jérôme
    Josèphe rapporte que Caïphe avait acheté à prix d'argent le pontificat pour cette année-là, contrairement à ce que Moïse avait ordonné de la part de Dieu, que les enfants des grands-prêtres succéderaient à leurs pères dans le pontificat, par ordre de naissance. Qu'y a-t-il d'étonnant qu'un pontife inique ait rendu des jugements d'iniquité?
  • Rabanus Maurus
    Il y a aussi un rapport entre le nom de Caïphe et sa conduite, Caïphe signifie investigateur ou habile dans l'accomplissement de ses mauvais desseins, ou bien, qui vomit de sa bouche; car il lit éclater son impudence dans les mensonges qu'il proféra, et dans l'homicide qu'il ne craignit pas de commettre. Or, ils amenèrent Jésus chez lui, pour ne paraître agir en tout que par l'autorité du conseil, «ou les scribes, les pharisiens et les anciens étaient assemblés». Là où se trouvent Caïphe et les grands-prêtres, là se rassemblent aussi les scribes, c'est-à-dire les secrétaires, dont le ministère est de copier et de garder la lettre qui tombe, et les anciens qui ont vieilli, non dans la vérité, mais dans la vétusté de la lettre. «Or, Pierre le suivait de loin». Il ne pouvait le suivre de près, mais de loin seulement, sans cependant s'éloigner tout à fait de lui.
  • Saint Jean Chrysostome
    Le zèle de Pierre était bien ardent, puisque, après avoir été témoin de la fuite des autres, il ne s'enfuit pas lui-même, mais qu'il tient ferme, et entre dans la cour du grand-prêtre. Il est vrai que saint Jean y entre aussi, mais il était connu du prince des prêtres. Or, Pierre ne le suivait que de loin, parce qu'il devait bientôt le trahir.
  • Saint Rémi
    Il n'aurait jamais pu renier son Seigneur, s'il fût toujours resté près de lui. Cette circonstance signifie que Pierre devait suivre et imiter le Seigneur jusque dans sa passion.
  • Saint Augustin
    Nous y voyons encore que l'Église doit suivre, c'est-à-dire imiter les souffrances du Seigneur, mais d'une manière bien différente; car l'Église souffre pour elle-même, tandis que le Sauveur souffre pour l'Église.
  • Saint Jérôme
    C'était par attachement pour son Maître, ou bien par une curiosité toute naturelle, et parce qu'il dési rait savoir le jugement que le grand-prêtre prononcerait contre lui, s'il le condamnerait à mort, ou s'il le renverrait après l'avoir flagellé.

Ce site veut vous aider à mieux comprendre les Évangiles grâce aux précieux commentaires des Pères de l'Église. Ces commentaires proviennent d'aussi loin que le IIIe siècle, jusqu’à leur compilation par saint Thomas d’Aquin dans un ouvrage intitulé la Chaîne d’or (Catena aurea) au XIIIe siècle.

Les textes des Évangiles sont tirés de la Bible catholique Crampon
Les textes des commentaires sont une traduction par l’Abbé J-M Peronne, Louis Vivès éditeur, 9 rue Delambre, 1868

Cet outil a été conçu par Miguel Morin.