Évangile :
Chapitre :
Verset :

Matthieu 26, 3 - 5

3Alors les grands prêtres et les anciens du peuple se réunirent dans le palais du grand prêtre appelé Caïphe, 4et ils délibérèrent sur les moyens de s'emparer de Jésus par ruse et de le faire mourir. 5" Mais, disaient-ils, pas pendant la fête, de peur qu'il n'y ait du tumulte dans le peuple. " 
  • La Glose
    L'Évangéliste nous raconte les préparatifs de la passion que Jésus-Christ ve nait d'annoncer et les noires intrigues qui la précédèrent: «Alors les princes des prêtres s'assemblèrent»,etc.
  • Saint Rémi
    L'expression «Alors», rattache cette circonstance à ce qui précède; «Alors», c'est-à-dire avant la célébration de la Pâque.
  • Origène
    Ce n'étaient point de vrais prêtres ni de vérita bles anciens, mais les prêtres et les anciens d'un peuple qui n'avait que l'apparence du peuple de Dieu, et qui était en réalité un vrai peuple de Gomorrhe. Ils ne comprirent pas que Jésus était le souverain Pontife de Dieu, et ils lui tendirent des piéges; ils ne reconnurent pas en lui le premier-né de toute créature, celui qui précède tous les hommes par l'ancienneté de son ori gine, et ils tinrent conseil contre lui.
  • Saint Jean Chrysostome
    Pleins de leurs projets iniques, ils viennent trouver le prince des prêtres, pour demander le pouvoir d'agir à celui qui aurait dû s'opposer à leurs desseins. Il y avait alors plusieurs grands prêtres, quoique, d'après la loi, il ne devait y en avoir qu'un seul, ce qui prouve un commencement de dissolution et de décadence dans le peuple juif, car Moïse avait établi qu'il n'y aurait qu'un seul grand prêtre, et qu'on ne lui donnerait un successeur qu'après sa mort; mais, dans la suite, la dignité de grand prêtre devint annuelle. L'Évangéliste appelle donc ici princes des prêtres ceux qui avaient été revêtus de cette dignité.
  • Saint Rémi
    Or, ce qui les rend inexcusables, c'est cette double circonstance: qu'ils étaient grands prêtres, et qu'ils se réunissent pour faire le mal, car plus le nombre de ceux qui s'assemblent pour concerter un crime est grand, plus ils sont distingués par leur dignité, par leur position, par leur naissance, plus le crime qu'ils commettent devient énorme, et plus aussi le châtiment qui les attend est terrible. L'Évangéliste ajoute, pour montrer la simplicité et l'innocence du Seigneur: «Afin de se saisir de lui par ruse et de le faire mourir». Comme ils ne pouvaient trouver aucun motif légitime de le faire mourir, ils tinrent conseil pour se saisir de lui par la ruse et le mettre à mort.
  • Saint Jean Chrysostome
    Ils tinrent donc conseil pour se saisir de lui secrètement et le faire mourir, car ils craignaient le peuple, et ils voulaient attendre que la fête de Pâque fut passée. «Et ils disaient: Il ne faut point que ce soit pendant la fête». Le démon ne voulait pas que le Christ souffrît pendant la fête de Pâque, pour ne point donner un trop grand éclat à son sup plice. Quant aux princes des prêtres, peu sensibles à la crainte de Dieu et à l'énormité bien plus grande d'un crime commis pendant cette grande fête, ils n'étaient préoccupés que d'une crainte toute humaine, c'est-à-dire que l'arrestation de Jésus ne suscitât quelque tumulte parmi le peuple».
  • Saint Jean Chrysostome
    Car les sentiments du peuple étaient différents: les uns aimaient Jésus-Christ, les autres le haïssaient; les uns croyaient en lui, les autres n'y croyaient pas.
  • Saint Léon le Grand
    Les princes des prêtres prenaient des mesures pour qu'aucun tumulte n'eût lieu dans ce saint jour de fête; mais ce qui les préoccupait, ce n'était pas la solennité du jour, c'était l'exécution de leur crime, et ils redoutaient qu'une sédition ne vint à éclater pendant la principale fête de l'année, non pas dans la crainte que le peuple ne se rendît coupable, mais de peur que Jésus ne vint à leur échapper.
  • Saint Jean Chrysostome
    Mais l'excès même de leur méchanceté les fit changer de résolution, et ayant trouvé un traître à leur disposition, ils firent mourir Jésus-Christ pendant la fête même de Pâque.
  • Saint Léon le Grand
    Nous devons reconnaître que c'est par un dessein bien marqué de la providence de Dieu que les princes des Juifs, qui avaient si souvent cherché l'occasion de satisfaire leur fureur contre Jésus-Christ, ne reçurent le pouvoir de l'exercer contre lui qu'à la fête de Pâque. Il fallait en effet que les promesses annoncées depuis si longtemps par des mystères figuratifs eus sent un accomplissement visible et éclatant, que le véritable agneau prît la place de celui qui. l'avait figuré, et qu'un sacrifice unique tint lieu désormais des victimes multipliées de l'ancienne loi. Afin donc que les ombres s'évanouissent devant la réalité, et que les figures dis paraissent en présence de la vérité, une victime succède à une victime, le sang est remplacé par le sang, et la solennité légale reçoit son accomplissement en faisant place à une autre.

Ce site veut vous aider à mieux comprendre les Évangiles grâce aux précieux commentaires des Pères de l'Église. Ces commentaires proviennent d'aussi loin que le IIIe siècle, jusqu’à leur compilation par saint Thomas d’Aquin dans un ouvrage intitulé la Chaîne d’or (Catena aurea) au XIIIe siècle.

Les textes des Évangiles sont tirés de la Bible catholique Crampon
Les textes des commentaires sont une traduction par l’Abbé J-M Peronne, Louis Vivès éditeur, 9 rue Delambre, 1868

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